sous la direction de
Parution : 01/09/2000 Collection de l’École française de Rome 194/3
Rome : École française de Rome, 2000
687 p., ill. n/b et coul.
ISBN : 2-7283-0588-9
Ce troisième tome de la série Salona propose une monographie du plus célèbre monument de la Salona Christiana, la basilique martyriale de Manastirine (lieu-dit dérivé du mot monastère) installée dans l’une des nécropoles septentrionales de Salone, la plus proche de la ville, près de la porte d’où partait la route vers Klis et à proximité du centre épiscopal. C’est là qu’étaient enterrés les principaux martyrs de Salone, dont le premier évêque présumé, resté le patron de la ville de Split, Domnio, ainsi que les évêques qui lui ont succédé. Des installations cultuelles complexes montrent le développement du culte jusqu’à la réalisation de la grande église (qui ne date que du milieu du Ve siècle) et après elle, au cours de plusieurs transformations et reconstructions, jusqu’à la destruction de Salone au VIIe siècle lors de l’invasion slave. Une grande quantité d’inscriptions, parfois datées, permettent d’identifier les cultes et de suivre les principales étapes du développement du cimetière où la vénération des martyrs attirait les sépultures des hauts fonctionnaires et notables de la ville, qui sont parfois des sarcophages figurés de grand prix.
Cet ensemble, malheureusement plusieurs fois détruit dès l’Antiquité puis par les paysans qui cherchaient des matériaux, a été localisé dès les années 1 830, et la fouille, d’abord sporadique, a été systématique à partir de 1874 jusqu'en 1906. C’est l’œuvre la plus célèbre du père de l’archéologie de Salone, Mgr Fr. Bulié, directeur du Musée archéologique à partir de 1884, mort en 1934. Les plus grands savants de l’époque s’y étaient intéressés et c’est à cause d'elle que s’est réuni à Split le premier congrès international d’archéologie chrétienne en 1894. Le monument a eu sa place dans tous les manuels dès le début du siècle, et surtout depuis la méritoire monographie due au célèbre archéologue autrichien Rudolf Egger, parue en allemand en 1926, dans la collection Forschungen in Salona de l’Institut archéologique de Vienne.
Malgré ses qualités, évidentes pour l’époque, cette monographie, depuis longtemps épuisée, était insuffisante pour les exigences modernes. En outre, des erreurs d'interprétation – d’ensemble et de détail – étaient certaines aux yeux des spécialistes. C'est pourquoi le Musée archéologique de Split a voulu promouvoir une nouvelle étude en s’associant, sous l’égide de l’École française de Rome, à une équipe de la Sorbonne (Paris IV-CNRS). De nombreuses fouilles complémentaires ont apporté du neuf, même sur les origines de la ville. Outre un historique minutieux des recherches anciennes, ce volume apporte des relevés très complets et une description attentive de l’architecture, des tombes et du matériel. Les conclusions renouvellent sur des points importants l’interprétation traditionnelle.
Les nombreux auteurs ont écrit en français ou en croate, mais des résumés dans l’autre langue permettent aux lecteurs – de la communauté nationale comme des autres pays – une lecture continue.
sous la direction de
Noël Duval (1929-2018), ancien membre de l’École française de Rome, archéologue, professeur des universités, était spécialiste de la civilisation romaine.
Emilio Marion, spécialiste de l’Antiquité romaine et de l’Antiquité tardive, épigraphiste et historien de l’art, est directeur du Musée archéologique de Split, professeur d’archéologie romaine à l’université de Split, professeur associé à la Sorbonne (en 2003).
Catherine Metzger a été conservatrice en chef au musée du Louvre, Département des antiquités grecques, étrusques et romaines.
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